Le PETR et sa forêt…

Le PETR est avant tout un territoire agricole et forestier. C’est ce qui domine les paysages Lotois, et ce qui rend nos territoires attractifs auprès des publics sensibles à ce type d’environnement. L’architecture sur les Causses montre aussi une utilisation accrue de la ressource bois durant toute son histoire. Le Ségala quant à lui s’est toujours structuré autour de la forêt. L’influence de bassins d’activités industrielles, avec notamment l’entreprise Ratier, a toujours poussé le territoire à développer cette ressource, que ce soit pour la construction, l’emballage (caisses de transport) ou l’énergie.

Le territoire du PETR Figeac Quercy Vallée de la Dordogne est d’une surface totale de 256 720 ha. Il est couvert par la forêt à près de 50%, avec un grand secteur forestier sur les Causses, et une partie sur la région naturelle du Ségala qui représente à elle seule 12% de la surface forestière du département du Lot.

En majorité feuillue (84%), les forêts du PETR possèdent quelques résineux, qui représentent une ressource économiquement intéressante (5 000 ha). Le Ségala est le secteur de production forestière le plus spécialisé du territoire du PETR Figeac Quercy Vallée de la Dordogne grâce à son climat humide à influence montagnarde (altitude de 400 à 800m) qui permet une bonne production de bois d'oeuvre. La production brute annuelle est de 185 500 m3/an (IFN, 1990-2002) soit 27% de la production brute annuelle du département et 40% de la production brute annuelle résineuse. Cette partie du PETR est donc un secteur stratégique pour la production forestière départementale, qui possède également la plus grande forêt communale de notre territoire. Le reste de la forêt appartient à plus de 31 000 propriétaires, dont la surface moyenne est de 3,7 ha, mais pas d’un seul tenant. Avec 99% de forêt privée, c’est donc une activité complexe à structurer.

Des enjeux forts pour notre territoire

Les enjeux sont multiples pour un territoire comme le PETR. Il est nécessaire d’analyser la place de la forêt et du bois au sein de notre territoire et d’en faire un atout de développement local.

Les actions a intégrer dans une Charte ont pour objectifs :

·         de créer de l’emploi et de la valeur ajoutée directe pour le territoire,

·         de maintenir des paysages attractifs, qui attirent autant les touristes que de nouveaux actifs en recherche d’un meilleur cadre de vie,

·         de protéger les ressources en eau de nos territoires, ainsi que nos habitations sur les plans de sécurité incendies et inondations,

·         de protéger les milieux naturels et la biodiversité du territoire tout en maintenant un développement économique important (le patrimoine naturel est une ressource de notre développement économique / touristique)

·         de préserver et de remettre en bon état certaines continuités écologiques

·         de stocker du carbone et limiter les impacts des changements climatiques à venir,

·         …

 

Aujourd’hui, l’enjeu premier porté par la Charte est économique : valoriser la ressource bois locale, encourager son usage localement et ainsi de favoriser la compétitivité des entreprises locales est une première étape. Il est aussi question de soutenir l’attractivité des métiers du bois et de préserver les savoir-faire locaux.

Cet enjeu est essentiel pour notre territoire, qui après une forte poussée démographique dans les années 1990 a aujourd'hui un solde démographique naturel négatif, et qui continue à maintenir sa population grâce à l'arrivée de nouveaux actifs. Les activités autour de la ressource forestière sont donc essentielles au maintien de la vie sur le territoire, et d'espaces entretenus et croissants.

L’enjeu environnemental concerne tous les territoires : grâce à la préservation de la biodiversité et au soutien à une gestion adaptée du patrimoine forestier, prenant en compte les risques naturels et les changements climatiques, la CFT fera du territoire du PETR un environnement préservé.

Les espaces forestiers sont des supports d’activités, conciliant divers usages (loisirs, promenade, cueillette, chasse…). L’enjeu social est évident quand on parle de la forêt, de ses usages récréatifs, et de sa façon de nous reconnecter avec la Nature.

 

Info + : CAUVALDOR (Causses et Vallée de la Dordogne) et GRAND FIGEAC sont deux communautés de communes investies dans un Plan Climat Air-Energie Territorial. Le développement durable des forêts du territoire est un axe fort pour atteindre les objectifs fixés de ces PCAET. Territoires à énergie positive pour la croissance verte, ils mènent des actions de rénovation de l’habitat, de développement de filières plus écologiques, de mobilité verte,… Autant de sujets que la Charte Forestière pourra venir compléter ou amender en tant que stratégie de développement durable du territoire. L’ensemble des réflexions et des documents stratégiques sont à retrouver sur :

https://www.grand-figeac.fr/transition_energetique.html#ancre_le_plan_climat_se_construit

 

Par ailleurs, la communauté de communes du Grand Figeac est déjà engagée auprès des propriétaires forestiers en leur proposant des aides financières à l’amélioration de leurs bois et de leurs dessertes :

www.grand-figeac.fr/developpement_durable.html

Les Plans de Développement de Massif : un succès

Notre CFT s’inscrit dans la continuité du travail déjà réalisé par le Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF) au niveau des Plans de Développement de Massifs. Ces PDM ont pour but :

·         De faire l’inventaire de la ressource mobilisable sur un territoire ;

·         De transmettre ce diagnostic aux entreprises du bois afin d’en tirer des offres d’achat pour les propriétaires forestiers ;

·         D’entamer la mobilisation de ces bois sous démarche de qualité : les entreprises doivent respecter une Charte de Bonnes Pratiques Sylvicoles

·         D’évaluer les travaux de ces entreprises pour sécuriser les propriétaires dans la vente de leurs bois.

 

RESULTAT : les entreprises du territoire tournent à plein régime !

Le premier PDM a été lancé en 2010 sur le Pays de Sousceyrac. Ceux du Haut-Ségala et de Lacapelle-Marival ont suivi, et un nouveau devrait voir le jour sur Cère-Saint-Céré en 2020. Depuis leur mise en œuvre, quelques chiffres clés ressortent :

·         344 diagnostics sur 2300 ha (11% du territoire)

·         71 500 m3 mobilisés soit 700 000€ pour les propriétaires

·         191 ha reboisés et 2,7 km de voirie forestière créée

·         Sur l’emploi : 35 Equivalents Temps Plein

 

Cette mobilisation de bois aura servi l’économie locale de notre territoire et prépare celle de demain. La sous mobilisation de nos forêts dégrade leur niveau qualitatif et le manque d’entretien peut être source d’incendie. Par ailleurs, la fermeture des vallons est préjudiciable pour les paysages, le manque de gestion peut ensuite entraîner des coupes rases qui dégradent aussi les paysages. Autant de points de vigilance qui pousse à une meilleure mobilisation des bois.

La Charte Forestière de Territoire, un outil pour mobiliser des financements

Deux éléments principaux constituent au final une Charte Forestière de Territoire : sa stratégie partagée sur le territoire, à 10 ans, pour valoriser et développer notre patrimoine forestier dans sa multifonctionnalité, et le plan d’actions qui y est associé. Collectives ou individuelles, ces actions s’inscrivent dans la stratégie forestière du territoire sur un pas de temps de 3 ans. Quelles soient déjà très détaillées, ou simplement à l’état d’idée, dès lors qu’elles répondent à la stratégie du territoire, ces actions peuvent être soutenues au travers d’un accompagnement technique et financier.

Actuellement, il existe plusieurs dispositifs financiers pouvant être mobilisés. Ainsi, l’Europe propose des financements pour l’Agriculture et la Forêt via ses programmes FEADER (régional et territorial) et FEDER, cofinancés par la Région, l’Etat ou d’autres organismes publics comme les Agences de l’Eau, l’ADEME,… (liste non exhaustive). Néanmoins, tous les financeurs peuvent aussi mettre en place des programmes de financement qui leurs sont propres (ex: Pass Bois et Contrat Bois de la Région).

 

Des conditions d’attribution strictes

Chaque dispositif de subvention fonctionne selon des conditions particulières. Ils peuvent être ouverts aux projets au fil de l’eau ou fonctionner par Appel à Projet (AAP) ou Appel à Manifestation d’Intérêts (AMI). Les structures publiques peuvent également répondre, seules ou partenaires d’entreprises, à ces dispositifs.

 

 

Info + : la coupe de bois n’est pas une mauvaise chose pour la forêt et la biodiversité. Elle peut être importante dans le cas d’un problème sanitaire sur les arbres, mais permet surtout de maintenir la vitalité de la forêt ! Les éclaircies renforcent les arbres avec du potentiel et permettent le renouvellement naturel de la forêt. La coupe rase est principalement effectuée dans le cadre d’un problème sanitaire, ou de la présence d’essences d’arbres inadaptées au sol ou au climat. Elle est réglementée dans le Lot, et doit donner lieu à un reboisement dans les 5 ans. Vous pouvez retrouver la règlementation sur les coupes de bois dans le Lot en téléchargement ici :

 

 

Règlementation des coupes de bois et obligation de reconstitution après coupe rase